Histoire
L'histoire de l'île de la Martinique connue débute dans les années 300.
300 avant notre ère : Les premiers occupants connus sont les Arawak, venus du Venezuela. C'était un peuple de pacifiques pêcheurs doublés de sincères croyants dans l'éternité des âmes. Mais une éruption de la montagne pelé en 295 avant notre ère les fit fuir et il revinrent en 400 avant notre ère. D'ailleurs, une soixantaine de sites arawak ont aujourd'hui été inventoriés et ils témoignent de l'existence de villages habités arawak.
1200 : Un peuple amérindien venu des côte guyanaise appelé "les Caraïbes ou les Kalinas", réputé agressif vint envahir la Martinique et exterminer peu à peu les Arawak sauf les femmes.
1502 : Après avoir jeté l'encre devant les Bahamas en 1492 puis en Guadeloupe en 1493, Christophe Colomb jette l'encre au Carbet en Martinique le 15 Juin 1502 lors de son 4ème voyage vers les "Indes". Il fit donc la découverte des Caraïbes puisque les Arawacks étaient déjà exterminés.
(En ce qui concerne l'origine du nom de l'île, un autre article sera créé car plusieurs sources existent). Redoutant les terribles Caraïbes pour leur anthropophagie, Christophe Colomb quitta la Martinique et, par la suite, les Espagnols ne s'intéressèrent plus à la Martinique.
1550 : La canne à sucre devient la seule culture de l'île.
1635 : Le cardinal de Richelieu, au nom du roi Louis XIII, créé la Compagnie des Isles d'Amérique (1635-1650) afin de coloniser les îles des Petites Caraïbes. La véritable conquête de la Martinique commence avec l'arrivée d'un aventurier français, Pierre Belain d'Esnambuc, le 15 septembre 1635
1650 : Début de l'âge d'or du sucre
1658 : Les premiers contacts entre les Caraïbes et les Français ne se révèlent pas au départ réellement agressifs. Devant la petitesse des îles, et devant la diminution de leurs terres, les Caraïbes opposent une forte résistance aux Français. Après plusieurs années de conflits, tant avec les Anglais qu'avec les Caraïbes, les Français sous la gouverne de Beausoleil finissent par chasser définitivement les Caraïbes de l'île. Les survivants se réfugient dans les îles de la Dominique et de Saint-Vincent.
1635-1814 : Pendant deux siècles, la Martinique, comme d'ailleurs toutes les autres Antilles, vécut sous le règne de l'esclavage. On sait que ce sont les Espagnols qui avaient commencé à importer des Africains dans leurs colonies afin de remplacer les populations amérindiennes qui ne survivaient pas aux dures conditions d'esclavage en raison des maladies et du travail harassant. C'est que les populations noires d'Afrique étaient réputées mieux supporter le travail forcé dans le climat éprouvant des Caraïbes et de l'Amérique équatoriale. La France, à l'exemple des autres puissances européennes, n'a pas fait exception et s'est mise aussi à l'esclavage. En Martinique, les Français importèrent leurs premiers esclaves dès 1635 afin de fournir la main-d'oeuvre nécessaire à la culture de la canne à sucre. Toutefois, de 1656 à 1814, Anglais et Français se sont régulièrement disputé la Martinique; ainsi, pendant près de deux siècles, l'île fut tantôt anglaise tantôt française, jusqu'au traité de Paris de 1814 qui céda définitivement la Martinique à la France.
1673-1789 : De fait, plus de 700 000 esclaves furent déportés aux Antilles françaises entre 1673 et 1789, dont 600 000 juste à Saint-Domingue; les autres furent envoyés en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Christophe (devenu aujourd'hui Saint-Kitts-et-Nevis), etc. En 1710, le nombre des esclaves s'élevait à 21 000 pour l'île de la Martinique. Quelques décennies plus tard, en 1745, la Martinique comptait environ 80 000 habitants dont 65 000 esclaves. Au moment de la suppression de l'esclavage en juin 1848 en Martinique, on dénombrait un peu plus de 72 000 esclaves. On aura intérêt à lire le fameux Code noir, une ordonnance de Louis XIV destinée à réglementer le régime de l'esclavage et précisant les devoirs des maîtres et des esclaves. Ce Code noir, qui resta en vigueur dans toutes les Antilles et en Guyane française jusqu'en 1848 (date de l'abolition définitive de l'esclavage par la France), fut rarement respecté. Bien que ce code ne traitât pas des questions de langue, il dépouillait l'esclave de toute son identité. En effet, après le baptême catholique obligatoire, l'Africain devenait un Nègre et changeait de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile.
1848 : La déclaration des droits de l'homme de 1789 éxige l'abolition rapide l'esclavage mais la fragilité économique des îles, dont la richesse repose sur la gratuité de la main d'oeuvre, ralentit le processus. C'est Victor Schoelcher (1804-1893), alors sous-secrétaire d'État à la Marine chargé des colonies, qui prépara le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, lequel a été confirmé par la Constitution du 4 novembre 1848. En Martinique, le 23 mai 1848, à la demande du conseil municipal de Saint-Pierre (la capitale de l'époque), le gouverneur de l'île, le général Rostoland, proclama un décret solennel dont les deux premiers articles énonçaient ce qui suit:
1) L'esclavage est aboli à partir de ce jour à la Martinique.
2) Le maintien de l'ordre public est confié au bon esprit des anciens et des nouveaux citoyens français
Devenu député de la Martinique et de la Guadeloupe, Schoelcher revendiqua aussi l'application du droit commun et même la départementalisation pour les quatre colonies (Martinique, Guadeloupe, Guyane et la Réunion), mais il échoua sur cette question; cent ans plus tard, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française et la Réunion deviendront des départements français. Bien sûr, au terme de cette douloureuse période, la colonie martiniquaise s'était peuplée massivement de nouveaux arrivants noirs et la langue véhiculaire entre les Noirs était devenue le créole martiniquais
1840 : Les Noirs furent christianisés par l'Église catholique. Auparavant, les Noirs étaient certes baptisés, mais ensuite laissés à eux-mêmes; d'ailleurs, beaucoup de prêtres possédaient eux-mêmes des esclaves.
Cela dit, l'esclavage continua sous une autre forme lorsque fut imposée le Code de l'indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une autre forme déguisée d'esclavage des populations autochtones en les dépouillant de toute leur identité. Grâce aux pratiques discriminatoires imposées par le Code de l'indigénat (en vigueur de 1887 à 1946), les Blancs continuèrent de jouir de privilèges considérables.
1853-1985 : Mais la suppression de l'esclavage ne pouvait que nuire à l'économie de plantation de la Martinique qui pouvait supporter difficilement des coûts de main-d'oeuvre importants. C'est pourquoi, de 1853 à 1985, la France décida d'importer plusieurs milliers de travailleurs immigrants (dénommés «coolies») originaires des comptoirs français de l'Inde. Considérés comme dociles, ces «coolies» venaient travailler aux Antilles pour une durée, en principe, de cinq ans. Beaucoup d'entre eux restèrent sur place à la fin de leur contrat, fondèrent une famille et devinrent bientôt des Martiniquais à part entière, tout en conservant leur religion et leurs habitudes culinaires. 25 000 indiens (ou « coolies » selon les termes des colons) sont introduits en Martinique entre 1848 et la fin du XIXième siècle. Du fait d'une surmortalité importante (dûe aux maladies et aux mauvais traitements) et d'une demande de rapatriements forte (contrairement à la Guadeloupe, la Martinique ne disposait déjà que de peu de terres disponibles à expiration des contrats, d'où une présence indienne plus marquée aujourd'hui en Guadeloupe), la communauté indienne diminue considérablement en quelques années.
Fin du siècle : Vers la fin du siècle, un millier de Chinois débarquèrent également dans l'île et, un peu plus tard, d'autres immigrants arrivèrent, cette fois-là, de la Syrie et du Liban. C'est ce qui explique que la population martiniquaise est aujourd'hui formée d'une palette ethnique assez variée, puisqu'on y compte non seulement des Noirs africains (la majorité) et des mulâtres, mais aussi des Indiens, des Chinois et des Syro-Libanais, sans oublier les Blancs-Pays (les «Békés»).
Tous les nouveaux immigrants d'Asie ou du Proche-Orient ont maintenant perdu leur langue d'origine et ont adopté le créole martiniquais comme langue maternelle. Les Blancs «békés» parlent le français mais aussi le créole alors que les Blancs-France (les «Métros») ne parlent que le français. Bien que vivant en relative harmonie, les différents groupes ethniques de la Martinique n'en continuent pas moins de se distinguer et de se méfier les uns des autres selon de subtiles distinctions.
1898 : En 1898, on compte 175 000 habitants en Martinique, dont 150 000 Noirs et mulâtres (85
%), 15 000 Indiens (8,5
%) et 10 000 Blancs (5,7
%). Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la fin de l'esclavage en 1848, ne rime pas avec la fin de "l'importation" d'hommes en Martinique. En effet, entre 1853 et 1885, plus de 29 000 noirs sont amenés d'Afrique avec contrat et garantie de retour gratuit.
Les noirs demeurent toujours dans une situation précaire. La IIIe République marque cependant certaines avancées, avec le suffrage universel masculin et les progrès concernant l'enseignement public obligatoire, laïc et gratuit (1881). Il n'en demeure pas moins que les Blancs héritiers des esclavagistes, dits Békés, conservent les terres et le pouvoir économique. Une nouvelle classe semble naître : celle des mulâtres, qui, à la croisée des deux communautés blanche et noire, dispose de davantage de privilèges que la seconde sans en avoir autant que la première. Parmi ces privilèges figure en bonne place l'accès à l'éducation, qui permet aux mulâtres de gravir les échelons sociaux en accédant bien souvent d'abord aux professions libérales (médecins, avocats...) pour également se trouver en bonne position dans les secteurs commerciaux. La mentalité dominante est alors celle du « chapé la po » : c'est à dire, pour les femmes, faire en sorte que sa progéniture soit la plus blanche que possible afin de pouvoir sortir de la misère. Jusqu'à aujourd'hui, on peut encore trouver des traces de cet état d'esprit.
1902 : En 1902, suite à l'éruption de la montagne Pelée (le 8 mai 1902), qui avait détruit la ville de Saint-Pierre et causé la mort de 28 000 habitants en quelques minutes, une importante vague d'émigration s'ensuivit et la Guyane française devint alors la principale destination des réfugiés martiniquais. C'est pour cette raison que l'on trouve une si forte colonie martiniquaise en Guyane, particulièrement aux environs de Saint-Laurent-du-Maroni et à Rémire-Montjoly près de Cayenne. C'est Fort-de-France qui est devenue la capitale de la Martinique après la destruction de la ville de Saint-Pierre.
1945 : Aimé Césaire est élu maire de Fort-de-France
1946 : Le 19 mars 1946, près de 100 ans après la recommandation du député Victor Schoelcher, l'Assemblée nationale française adopta la loi dite de l'assimilation, qui transformait les "Quatre Vieilles" colonies (la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane française) en départements français. Ainsi, l'île de la Martinique devint un département français d'outre-mer (DOM).
1999 : Les 3 département antillais (Martinique, Guadeloupe et Guyane) demandent au gouvernement de leur accorder une plus grande autonomie interne.
2000 : Aimé Césaire se retire de la vie politique à 87 ans.
17 aout 2007 : La totalité de la production de bananes et "près de 70 %" de la production de canne à sucre de l'île ont été détruits par le cyclone Dean. Au lendemain du passage du cyclone Dean, la Martinique a entamé, samedi 18 août, les opérations de nettoyage et de reconstruction. Selon le bilan établi par le ministère de l'outre-mer, une personne de 90 ans est morte d'une crise cardiaque et six autres ont été blessées. Le sud de l'île a été particulièrement touché et près de deux tiers des habitants étaient encore privés d'électricité samedi matin, selon le ministère de l'intérieur.
17 avril 2008 : Mort de Aimé Césaire
Djandmadinina©